|
|
|
|
|
|
|
beach-volley.net : Contre et défense au beach volley ? Jean Philippe Jodard : La défense est intimement liée au contre et vice versa. A partir du moment ou le contreur décide de bloquer une zone, il faut que le défenseur soit prêt, à priori, à couvrir l'autre partie du terrain. Se rajoute à cela une coordination nécessairement parfaite entre les 2 rôles. Si au niveau du timing il y a un des deux joueurs qui donne une information plus tôt que l'autre, l'autre ne sert plus a rien. Les 2 joueurs doivent se mettrent en action en même temps. beach-volley.net : En même temps et au bon moment Jean Philippe Jodard : Et au bon moment bien sûr. La spécificité du contre au beach, c'est que le timing doit être beaucoup plus tardif que celui de la salle car en beach il y a toujours cette possibilité de feinter et de faire le point facilement. Le contreur ne doit jamais ou très rarement sauter en même temps que l'attaquant comme en salle. Le bloque saute après, une fois que l'attaquant va commencer à prendre des informations sur le ballon. L'attaquant va monter, regarder le ballon et c'est à ce moment que le contreur va sauter. Soit va sauter rapidement pour bloquer une attaque franche, soit essayer de sauter un peu plus tardivement pour prendre une feinte. Le timing est aussi fonction de la qualité de la passe. Si la passe se retrouve à plus d'un mètre cinquante du fil, le contreur doit penser à reculer, mais ce recul doit s'effectuer à un certain moment. Trop tôt, c'est pas la peine car les joueurs maintenant à 2 mètres 2,5 mètres du fil ils attaquent fort et c'est pas défendable. Trop tard c'est pas la peine non plus parce que l'attaquant va te mettre la balle au dessus de toi dans les 5 mètres qui restent et tu pourras pas la toucher. Le timing du saut du bloque est vraiment quelque chose de très particulier et je pense que ça se travaille mais que les meilleurs bloqueurs sur le circuit ont quelque chose que les autres n'ont pas, ils ont un meilleur feeling, il y a une partie instinct.ive. beach-volley.net : Un bon défenseur en salle n'est pas forcément un bon défenseur en beach, tu es d'accord là dessus ? Jean Philippe Jodard : En salle on te laisse pas te placer sur le terrain comme tu l'entends, à part Blain, à l'époque, qui faisait ce qu'il voulait sur un terrain. On s'aperçoit aujourd'hui que même avec les meilleurs comme Henno, ils ont des endroits bien précis où ils sont placés en fonction des études statistiques faîtes. C'est rare en salle de voir un défenseur passer devant les autres pour défendre le ballon. En beach l'avantage qu'on a, c'est qu'on est seul, on fait ce que l'on veut donc effectivement il faut avoir l'instinct de défense et savoir a peu près où l'attaquant va mettre le ballon en fonction de la qualité de la passe, de l'attaquant tant d'un point de vue technique que psychologique et surtout ne pas bouger avant le dernier moment, ne pas donner d'infos. beach-volley.net : Qu'est ce que tu penses des défenseurs qui bougent sans vraiment bouger, c'est a dire qui esquissent une série de faux départs de droite et de gauche ? Jean Philippe Jodard : Ca c'est ce que fait Martin Conde qui est le meilleur défenseur du circuit mondial. Il bouge à droite, à gauche mais finalement, il ne bouge pas. Ca donne de fausses infos et ça perturbe l'attaquant. Moi c'est pas trop mon truc, j'étais plus en lecture et lui il va tellement vite, il récupère tellement bien les balles, à ras du sol. Lui il va prendre la balle à 5 centimètres du sol, ce qui lui donne encore plus de temps pour aller la chercher . beach-volley.net : Et la défense mains hautes ? Jean Philippe Jodard : La défense mains hautes c'est aussi une spécificité du beach mais cela ne veut pas dire que tous les beacheurs défendent mains hautes. Les meilleurs défenseurs défendent mains basses. Si on peut éviter de défendre mains hautes, c'est encore mieux. Je pense qu'il est plus important pour un bloqueur de savoir défendre mains hautes que pour un défenseur. beach-volley.net : Et le cobra (technique de main qui permet de taper le ballon avec 2 doigts pliés) ? Jean Philippe Jodard : Le cobra sert uniquement quand on est au fil, à la lutte avec l'adversaire et que pour gagner un petit peu de hauteur on fait une feinte en cobra. Le cobra, et il y en a pas mal qui le font et qui vont se reconnaître, ne doit s'utiliser en aucun cas en défense. J'espère que bientôt ce sera fini. Quand la balle te passe au dessus de la tête, fais un pas en arrière et ramène tranquillement la balle en récep au lieu de faire un espèce de cobra derrière toi qui ne veut absolument rien dire. Regarde les meilleurs faire et tu verras que le cobra ne s'utilise pas en défense ... |
|